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Salomé a créé une marque d'accessoires de mode éthique qui s'engage pour les femmes

#artisanat , #crowdfunding , #écoactivité , #ESS , #femme , #jeune

Salomé Dratwa, fondatrice de WWOW

Salomé Dratwa a créé Wonder Women of the World (WWOW), une marque d'accessoires de mode éthique qui s'engage pour les femmes. En valorisant le travail d'artisanes du monde entier, Salomé Dratwa ambitionne de leur donner les clés d'une vie meilleure et de les aider à maintenir les traditions artisanales locales. Salomé Dratwa a lancé une campagne de financement participatif qui devrait lui permettre prochainement de lancer la production de la première collection, intégrant des textiles du Cambodge. Découvrez son parcours d'entrepreneure !

Pouvez-vous décrire l’activité de votre entreprise ?

Wonder Women of the World - WWoW est une marque d'accessoires de mode éthiques co-fabriqués en France, qui s'engage pour les femmes. Chaque accessoire est unique, co-créé entre la France et différents pays du monde et intègre un textile authentique tissé à la main par une femme artisane. La première collection met en avant les ikats tissés à la main au Cambo

dge sur une collection de trousses et pochettes. Éthique et design ont été combinés en travaillant le style pour allier tradition, modernité et féminité. De plus, 5% de notre chiffre d'affaire sont reversés à une association œuvrant pour les femmes.

Quel a été votre parcours avant la création ?

Diplômée de l’EDHEC, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles dans la mode qui m’ont permis de prendre connaissance des modes de fabrication, et en même temps de me rendre compte de ce qui pouvait être amélioré. La création découle surtout de mes voyages. J’ai fait deux échanges Erasmus, en Irlande puis au Pérou, qui m’ont ouvert l’esprit à d’autres horizons et desquels je suis ressortie enrichie de nouvelles cultures et façons de voir le monde.

Comment est née votre idée de création d’entreprise ? 

En voyageant l’année dernière en Asie du Sud-Est je me suis rendue compte de la beauté des textiles traditionnels et de leur importance pour autonomiser les femmes artisanes. J’avais déjà vu ces textiles ethniques chez des créateurs occidentaux mais sans que l’histoire des motifs ne m’ait jamais été révélée. Parallèlement j’ai réalisé qu’en France, des femmes aussi avaient envie de s’émanciper mais sans parvenir à trouver un emploi stable, et qu’elles perdaient confiance, alors qu’elles ont de véritables compétences.

Pourquoi avez-vous décidé de créer votre entreprise ?  

Je ne parvenais pas à trouver une marque de mode qui soit éthique sur l’intégralité de sa production. Soit les artisans étaient valorisés, mais les matières utilisées n’étaient pas éthiques, soit les matières étaient respectueuses mais les conditions de fabrication étaient douteuses. Ou alors le terme de "mode" était juste décoratif et le style manquait cruellement…
J’ai donc décidé de créer une entreprise qui fasse de la mode, et qui le fasse de manière vraiment éthique et transparente.
Surtout, je voulais valoriser les femmes. Chacune d’entre nous est une héroïne du quotidien et je suis toujours impressionnée de la résilience dont font preuve les femmes, qui concilient vie professionnelle et vie personnelle. C’est un véritable hommage aux femmes que je voulais faire, non pour nous lancer des fleurs mais plus pour que dans les moments plus difficiles on s’en rende compte et on relève la tête.

WWoW est une marque d'accessoires de mode éthiques co-fabriqués en France, qui s'engage pour les femmes

De quels appuis avez-vous bénéficié pour mettre en place votre projet ?

J’ai eu l’idée de WWoW en suivant le cours en ligne co-créé par Ticket for Change et HEC intitulé "Devenir entrepreneur du changement". J’ai ensuite été suivie et encouragée par l’équipe de Ticket for Change et les autres porteurs de projet. Début 2016 j’ai gagné un prix de La Fabrique Aviva pour Soutenir l’Emploi qui m’a permis de développer les prototypes. Cet été j’ai aussi intégré l’Atelier Meraki. Cet espace pluridisciplinaire où je travaille tous les jours me permet d’évoluer aux côtés d’autres entrepreneurs créatifs et d’échanger les bonnes pratiques. Tout au long de l’année j’ai également été soutenue par l’incubateur de mon école et le Mouves qui m’a permis de rencontrer la maroquinière avec laquelle je travaille (!).
C’est sans compter bien sûr, sur mon conseiller BGE qui me suit depuis le printemps et qui m’a apporté de nombreux conseils !

Quel a été l’apport de l’accompagnement BGE PaRIF dans votre parcours de création d’entreprise ? 

Les rencontres mensuelles avec mon conseiller BGE PaRIF m’ont permis de préciser le projet grâce à son œil externe avisé. J’ai pu valider certains éléments et être mise en garde sur d’autres. Mon conseiller m’a également dirigée vers certaines structures clés pour le développement de mon entreprise.

Vous lancez une campagne de crowdfunding. Quel est votre objectif ?

À l’heure actuelle, l’entreprise est créée et les prototypes sont validés. Avant de lancer la boutique en ligne, j’ai décidé de faire appel au financement participatif pour pouvoir démarrer la production de la première collection et tester des prototypes avec le Piñatex, un tewtilex produit à partir des feuilles de l’ananas, jusque là considérées comme des déchets.
Mon objectif est d’avoir 150 précommandes qui permettront aussi d’avoir une bonne estimation des couleurs les plus sollicitées pour ensuite produire selon la demande et éviter le surstock inutile. Surtout, j’aime l’idée que le public participe au lancement de cette entreprise que je vois comme participative et créatrice de liens.

Quel est votre meilleur souvenir de création d’entreprise ? 

Je suis retournée au Cambodge cet été pour revoir les associations de femmes artisanes. Si j’avais déjà envoyé des photos des produits, lorsque les femmes ont vu les trousses et pochettes intégrant leur textile, elles ont été vraiment surprises et contentes !
Retourner les voir a été pour moi un véritable aboutissement. Je leur avais parlé de créer de nouveaux débouchés en France. Voir cette idée concrétisée et la joie des femmes artisanes me donne de la force chaque fois que j’y repense. Ce n’est pas tant pour moi que pour ces femmes que le projet existe.

Quelle erreur auriez-vous souhaité éviter ?

Au tout début j’avais commencé à travailler sur une autre idée de produit. J’ai continué trop longtemps sur ce produit, ne voulant pas m’en détacher, alors que je voyais bien que techniquement il n’était pas réalisable en grande série. J’aurai aimé travailler plus de modèles plus tôt pour ne pas perdre du temps sur un modèle qui ne fonctionnait pas.

Quel conseil donneriez-vous à un futur entrepreneur ?

Je ne suis pas encore très avancée, mais le vrai conseil c’est de ne pas hésiter à intégrer rapidement un espace de co-working, même si l’idée n’est pas complètement aboutie, car c’est le lieu parfait pour accélérer son projet et surtout pour se mettre dans la posture d’entrepreneur.
Le mot de la fin : Faites les choses bien, avec éthique et amour, croyez-y et entourez-vous bien !


Contact :

Salomé DRATWA, fondatrice de Wonder Women of the World
Site internet : www.wwow.fr
Campagne Ulule/BGE Participatif : https://fr.ulule.com/wonder-women-of-the-world/

27/10/2016

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